03/09/2026
Vous employez des intérimaires ? Leur DUERP, c'est le vôtre. Pas celui de l'agence.
La Cour de cassation vient de trancher (Cass. soc., 13 mai 2026, n°25-10.127) et le message est sans ambiguïté pour toutes les entreprises qui font appel à du personnel intérimaire.
Ce qu'elle confirme :
🔴 C'est l'entreprise utilisatrice — celle qui accueille le salarié intérimaire dans ses locaux — qui doit identifier, dans son propre DUERP, les risques liés aux postes qu'occupent ces intérimaires.
🔴 L'agence d'intérim (l'entreprise de travail temporaire) n'a pas à intégrer ces risques dans son propre document unique. Ce n'est pas son périmètre.
🔴 Conséquence directe : le CSE d'une agence d'intérim ne peut pas exiger que l'agence mette à jour son DUERP pour couvrir les salariés intérimaires en mission ailleurs. La Cour a d'ailleurs rejeté cette demande dans l'affaire jugée.
Autrement dit : si vous accueillez des intérimaires dans vos équipes et que votre DUERP ne mentionne que vos salariés permanents, vous avez un angle mort. Un angle mort qui, avec le renforcement des sanctions administratives sur le DUERP (loi du 25 juin 2026, jusqu'à 4 000 € par salarié concerné), n'est plus juste une négligence documentaire — c'est une exposition financière directe.
Point notable également dans cet arrêt : la Cour rappelle que l'agence d'intérim a bien une obligation d'information annuelle de son CSE sur le suivi des clients les plus accidentogènes, dès lors que le CSE en fait la demande. Une obligation trop souvent ignorée des deux côtés.
La question à vous poser si vous recourez à l'intérim : vos postes occupés par des intérimaires sont-ils identifiés, risque par risque, dans votre DUERP — ou pensez-vous, à tort, que c'est l'agence qui s'en charge ?
💬 Vous avez déjà eu ce sujet en contrôle ou en négociation avec une agence d'intérim ? Racontez.