09/07/2026
Vendredi, le prix du diesel a cassé son record de 2022 à la pompe aux États-Unis.
Aux États-Unis, la moyenne AAA a atteint 5,85 $US le gallon le 4 septembre, au-dessus du pic de juin 2022. Au Québec, le 3 septembre : Montréal 278,9 ¢/L, Sherbrooke 272,4 ¢/L, Québec 268,5 ¢/L. La moyenne canadienne est à 252,5 ¢/L, soit +99 ¢ sur un an.
Cette situation ne s'explique pas seulement par la hausse du prix du pétrole brut. Cela s'explique aussi par une pénurie de raffinage de distillats : trafic encore largement restreint dans le détroit d'Ormuz pour les produits raffinés, raffineries russes frappées, interdiction d'export de diesel russe. Les marges des raffineurs sont à des sommets pluriannuels.
L'indice des prix à la consommation (IPC) du mois de juillet ne capte pas encore ce choc-là.
L'essence pèse pour près de 3,3 % du panier utilisé pour calculer l'IPC. Le diesel ménager, lui, presque rien. Son effet inflationniste est indirect : camionnage, agriculture, construction, mazout, déneigement.
La transmission a déjà commencé en amont : l'indice des prix des produits industriels affiche une hausse de 50,3 % sur un an pour le diesel raffiné. On constate aussi des surcharges pour le fret à la fin du mois d'août, selon certains barèmes de transporteurs : LTL autour de 39 %, chargement complet autour de 92 %. Finalement, le mazout domestique affiche 218,8 ¢/L selon Ressources naturelles Canada.
Les délais typiques afin de sentir tous les impacts de ces hausses : 3 à 6 mois vers les biens et services, 6 à 9 mois pour l'IPC alimentaire. Les hausses de fin août entreront surtout dans les IPC de septembre et octobre.
La Banque du Canada, qui a maintenu son taux directeur à 2,25 % mercredi, constatait que peu de diffusion hors essence avait lieu pour l'instant. Mais plus les prix du pétrole et les marges de raffinage restent élevés, plus le risque que ça se transmette et devienne de l'inflation persistante. Le rapport de juillet misait sur un pétrole en baisse et une inflation autour de 2,5 % au second semestre.
Si le détroit d'Ormuz et l'interdiction russe tiennent jusqu'à l'hiver, l'IPC pourrait rester coincé vers 3 % au 4e trimestre au lieu de redescendre à 2,5 %, alors que le prix de l'alimentation pourrait s'accélérer vers 3,5–4,5 % d'ici janvier. Dans un tel cas, la Banque du Canada pourrait se sentir coincée entre soutenir l'économie frappée par la guerre commerciale qui s'éternise et un taux d'inflation qui refuse de s'essouffler.
Sources : StatCan (IPC juillet 2026 ; IPPI juillet 2026 ; panier IPC 2025) ; Institut de la statistique du Québec ; Ressources naturelles Canada / Kalibrate (3 sept. et relevé hebdomadaire) ; Banque du Canada (décision et déclaration du 2 sept. ; MPR du 15 juillet) ; barèmes de surcharges fret semaine du 31 août ; ministère des Finances du Canada (gel de l'accise) ; AAA (prix de détail US) ; RBC Economics (délai alimentaire 6–9 mois, cadre BdC).